Mon expérience d’un jeûne de 3 jours

Jeûne de 3 jours
Coucou c’est moi ! J’ai bien survécu, je vous rassure !

Bonjour à tous,

Comme promis, suite à mon article sur le jeûne intermittent (que je vous invite à lire en complément), voici mon retour d’expérience sur le jeûne hydrique de 3 jours.

Mais avant de commencer, je tenais à préciser quelques petites choses:

  • Premièrement:

Mon expérience ne constitue en rien une expérience généralisable. Ce que j’ai expérimenté durant ces 3 jours, ne signifie pas que vous serez amenés à vivre la même chose !

  • Deuxièmement:

Mon objectif ici n’est pas de faire l’apologie du jeûne de 3 jours ou d’inciter quelconque personne à le pratiquer. Voici simplement les confessions d’une diététicienne blogueuse, curieuse de nature, qui adore découvrir et tester de nouvelles choses et qui souhaitait vous faire part de son expérience.

Pourquoi ai-je décidé de faire un jeûne de 3 jours?

Après avoir testé le jeûne intermittent 16/8, j’avais l’envie d’aller plus loin dans la pratique et d’expérimenter physiquement, mentalement et spirituellement ce qu’un jeûne plus long pouvait provoquer dans mon corps. J’aurais pu commencer par étape, et faire un jeûne de 24h. Mais, je me sentais suffisamment préparée pour passer à l’étape supérieure. Et j’avais vraiment l’envie d’expérimenter les changements que je vous explique ci-dessous:

Jusqu’à 24h en moyenne, votre organisme puise dans les réserves en glycogène. Passé ces 24h, (plus ou moins selon les personnes) ces sources étant épuisées, le corps puise dans les réserves en graisse et fabrique des corps cétoniques utilisés comme source principale de carburant. De plus, à noter tout de même, une légère baisse de masse musculaire peut avoir lieu, après 24h, au moment de l’adaptation du changement de source d’énergie. Cette baisse se stabilise les jours suivants.

Ma préparation avant le jeûne de 3 jours

Avant toute chose, un jeûne de 3 jours ne s’improvise pas comme ça ! De la même façon qu’un marathon, vous n’arrivez pas le jour J, sans aucune préparation au préalable. Bien que certains le font, mais le paie très cher pendant l’épreuve !

Et bien pour le jeûne, c’est pareil et quelque soit la durée, court ou long !

Pour ce faire, j’ai donc préparé mon corps à cette expérience en lui apportant en amont, tous les nutriments nécessaires pour vivre ce jeûne le mieux possible. Et oui, car vous comprendrez aisément que de ne pas manger pendant 3 jours, seulement boire de l’eau et des infusions comme je l’ai fait, vous expose à un risque de carences en vitamines et minéraux.

  • Quelle a été mon alimentation en amont ?

J’ai augmenté ma consommation d’eau, à savoir, boire au minimum 1,5L d’eau par jour. Et pour ce faire, j’ai utilisé une bouteille d’1,5 L pour m’assurer que je buvais cette quantité minimale,

J’ai considérablement augmenté ma consommation et variété de fruits et légumes, le plus possible sous la forme crue pour bénéficier d’un maximum de vitamines et minéraux,

– J’ai augmenté oui, oui, augmenté ma consommation de matières grasses végétales saines (huile d’olive, avocat, fruits oléagineux, poissons gras…),

J’ai évité le plus possible les produits transformés, les céréales raffinées et le sucre,

– J’ai diminué un peu ma consommation de glucides progressivement pour habituer mon corps à un faible taux de sucre sanguin (glycémie) et être en mode déstockage de sucre (glycogène) de façon à vivre plus facilement le jeûne, moins brutalement (étape non indispensable, mais personnellement cela m’a aidé à supporter ce jeûne),

Au fur et à mesure des jours, je me suis sentie mieux nourrie nutritionnellement, rassasiée, avec moins de fringales et une meilleure forme…

Par la suite, j’ai décidé d’entamer le jeûne intermittent de 16h sachant que je l’avais déjà testé sur une durée de 12h et 14h, quelques semaines auparavant.

  • Le jeûne intermittent, une entrée en matière

1er repas effectué à 14h et 2ème repas à 21h pour une fin de période d’alimentation à 22h.

Pourquoi n’ai-je consommé que 2 repas et non 3 en dehors de mes périodes de jeûne?

Tout simplement,

-dépensant très peu d’énergie durant la journée,

-passant la majorité de mon temps à travailler sur une chaise,

-et me nourrissant suffisamment pendant mes repas principaux,

mon corps ne ressentait pas le besoin de manger plus.

Ainsi, j’ai donc naturellement sauté le petit-déjeuner passant directement au déjeuner.

Qu’ai-je ressenti durant ce jeûne intermittent?

Principalement des gargouillements provenant de mon estomac auxquels je me suis habituée, mais pas vraiment de faim nutritionnelle à proprement parlé.

Petit rappel sur la faim et ses déclencheurs

Et oui, car la faim nutritionnelle est bien la seule qui requiert de s’alimenter. Prudence, d’autres facteurs peuvent donner la sensation d’avoir faim par exemple:

– La soif,

Être déshydraté peut vous faire croire que vous avez faim. Pensez à bien boire tous les jours suffisamment,

– Les émotions,

Elles peuvent nous pousser à manger pour nous calmer, détendre (j’ai écrit un article à ce propos que je vous invite à lire si ce n’est pas déjà fait : Comment arrêter de manger ses émotions),

– La variété,

Le manque de variété peut provoquer des fringales pour certains aliments. Il est essentiel d’adopter une alimentation saine, équilibrée et variée pour apporter à l’organisme tous les nutriments nécessaires,

– L’estomac vide,

C’est une sensation, mais ça ne veut absolument pas dire que votre estomac a besoin d’être rempli,

– Un faible taux de sucre sanguin (glycémie),

Au cours de la journée votre glycémie fluctue provoquant des baisses de régimes quand ce taux est très bas et bien souvent des fringales pour des aliments sucrés. Un conseil, évitez les produits contenant beaucoup de sucres simples, cela diminuera les fluctuations importantes de votre glycémie. Les fibres contenant entre autres dans les fruits, légumes et légumes secs permettent d’éviter ces pics hyperglycémiques.

Quelques semaines avant le jeûne de 3 jours

Au début de mon jeûne intermittent, j’ai eu une phase d’adaptation où j’ai ressenti un peu de fatigue. Cette phase étant passée, mon corps s’est complètement adapté. J’ai pu continuer à faire de l’exercice sans difficulté, et ai noté une meilleure concentration le matin pour travailler.

Après quelques semaines de jeûne intermittent, je me suis sentie prête à entamer ce jeûne de 3 jours (mon dernier repas a été consommé un jeudi soir à 22h et le premier repas prévu après 72h le dimanche à 22h).

Exceptionnellement, durant ces 3 jours, j’avais un programme de danse en ligne de 8 heures, évènement, que je n’avais pas vraiment anticipé.

Avantage: je savais que cela allait m’occuper et surtout m’apporter une bonne dose d’endorphines car la danse est une de mes passions.

Inconvénient : j’avais la crainte de ne pas avoir suffisamment d’énergie pour danser 2 à 3 heures par jour durant ces 3 jours. Sachant que cela faisait de nombreuses semaines que mon corps n’était plus habitué à danser à ce rythme.

1er jour

Précision : pendant toute la durée du jeûne, j’ai bu a minima 3L d’eau par jour + quelques infusions selon mes envies

J’ai exercé mes activités habituelles : méditation, travail à la maison, ma séance de cardio (HIIT) de 15 min autour de 20h. Énorme surprise, ce jour, j’ai effectué ma séance sans trop de difficulté ou du moins avec moins de difficulté que mon colocataire (d’un niveau équivalent au mien). Vous me direz coïncidence, peut-être bien !

J’ai averti mon colocataire de ma démarche d’une part, afin qu’il soit au courant en cas de problème et d’autre part qu’il comprenne l’initiative. Et, j’ai vu dans son regard comme un sentiment de surprise et d’inquiétude. Je crois que c’est la plupart des réactions que l’annonce d’un jeûne peut générer (bon à savoir et à prendre en compte).

Durant cette journée, étrangement, je n’ai pas ressenti de faim, de fatigue, ce qui est assez rare. En général, le premier jour est souvent assez difficile. Voilà pourquoi, j’insiste bien sur le fait que chaque expérience est unique.

J’ai cependant eu des pensées à la nourriture sans éprouver que mon corps avait besoin de s’alimenter.

Mon état après un jour de jeûne ! On ne s’emballe pas, la photo n’a pas été prise à ce moment-là !

J’ai été dans l’ensemble de bonne humeur, probablement du entre autres à mes cours de danse qui me procurent un bien fou. Arrivée au soir, j’ai bien dormi, du moins normalement à mon habitude.

2ème jour

C’est là que les choses se sont un peu corsées.

Cela a été le jour le plus difficile, davantage d’envies alimentaires, des gargouillements de l’estomac réguliers mais pas forcément de faim, plus de fatigue physique et notamment musculaire.

Malheureusement, j’ai du mal à déterminer si cette fatigue était due au cumul des heures de danse et de sport de ces 2 jours ou au jeûne ou les 2 en même temps.

Dans l’après-midi après mes 2 heures de danse, j’ai songé à arrêter. J’ai décidé de faire une deuxième sieste plus longue que ma première habituelle et au réveil cette éventualité avait disparu, youpi !

On ne lâche rien ! Même si ça ne se voit pas ! Et voici de quoi se torturer un peu plus, posée avec une fourchette et une assiette vide !

Malgré ce que peut dégager la photo, je me suis couchée globalement l’esprit confiant, j’ai pensé “dur dur, mais on tient bon, demain on mange !”.

3ème jour

Je savais que la fin était proche, j’étais donc super excitée voyant mon objectif pratiquement atteint. D’une manière générale, j’étais plutôt d’humeur joviale.

J’ai effectué mes 2 dernières heures de danse du week-end et je n’aurais pas pu en faire plus, non, non !

J’ai beaucoup mieux vécu cette journée et assez surprenant, je n’étais pas pressée à l’idée de remanger. Fin de journée, j’ai eu le sentiment que je pouvais continuer ce jeûne. En effet, après 48h, l’hormone de la faim (ghréline) diminue* et vous permet de tenir davantage.

Fin du jeûne et reprise alimentaire

Comme prévu, j’ai repris mon alimentation à 22h. Et je dois avouer que j’étais quand même impatiente, bien que l’idée de continuer m’ait traversé l’esprit. Je me suis donc préparée une salade de légumes composée, pour casser le jeûne en douceur. Je m’attendais à éprouver beaucoup plus de plaisir durant les premières bouchées ! Une demi-heure après, j’ai ressenti le besoin de manger davantage. Une soudaine envie de manger ce saumon qui m’attendait depuis ces derniers jours. Un vrai plaisir, et là, le saumon, il était pour 2, mais je n’ai pas pu résister, je l’ai dévoré !

Un état indescriptible, inédit, centré sur soi. Bon à quelque détails près, j’étais plutôt dans ma chambre à ce moment-là !

En définitive, j’ai expérimenté un autre état que je n’avais jusqu’alors jamais vécu. J’ai beaucoup de difficulté à mettre des mots dessus. J’ai ressenti que j’étais dans un mode différent, un peu plus tourné vers mon moi intérieur, je crois… Pratiquant la méditation quotidiennement, j’ai bien évidemment continué durant ce jeûne. Et l’état que j’ai expérimenté, se rapproche d’un état de conscience amplifié que l’on retrouve quand on pratique la méditation régulièrement. Il faudra que je creuse un peu plus, de ce côté-là, pour trouver des réponses !

Les jours suivants

J’ai remangé normalement et réintroduit tous les aliments, tout en continuant le jeûne intermittent. Je n’ai pas mangé plus que d’habitude et ai apprécié ma nourriture plus que jamais. J’ai acquis, je crois, une meilleure résistance à la faim et une meilleure prise en compte de mes signaux de faim et de satiété.

Je ne me suis pas sentie plus en forme qu’avant le jeûne mais toujours en forme, ça oui ! J’ai noté que ma peau était un peu plus lisse mais est-ce dû au jeûne de 3 jours, au jeune intermittent, à mon alimentation, à mon imagination ou autre facteur… ? Je ne peux rien certifier !

J’ai noté également une diminution de mon tour de taille, bien que ce n’était pas l’objectif en soi. Et il reste à savoir si c’était bien de la graisse abdominale et non pas simplement de l’eau ou du muscle… Il aurait fallu faire des analyses biologiques avant/après. J’y songerai sérieusement la prochaine fois !

Oui j’adore sauter de partout avec des paysages sympas ! Non, sincèrement, voici le sentiment que j’ai éprouvé à l’accomplissement de ce défi !

D’une manière générale, je suis fière d’être allée au bout de ce défi, d’avoir expérimenté toutes ces choses.

PS: J’aurais souhaité illustrer cet article avec davantage de photos du jeûne en situation, mais trop tard. Je n’y songe que maintenant, à la rédaction de cet article, la prochaine fois !

Le mot de la fin

Pour terminer, sachez que mon témoignage n’a aucune valeur scientifique. Il s’agit simplement de mon expérience et non pas d’un guide vous expliquant comment effectuer un jeûne de 3 jours.

En plus, pour rappel dans mon article sur le jeûne intermittent, que je vous invite à lire si ce n’est pas déjà fait, le jeûne ne s’adresse pas à tout le monde. En effet, il est fortement déconseillé pour certaines personnes. Dans tous les cas, je le répète, demandez toujours l’avis à votre médecin. De plus, grandement attention au jeûne de plus de 3 jours sans accompagnement ou encadrement médical !

Enfin, j’espère que mon témoignage vous aura éclairés. N’hésitez pas à me poser des questions ou partager vos expériences en commentaire. Je serais ravie de vous lire !

A bientôt !

Source :

*Le guide complet du jeûne, Jason Fung, Jimmy Moore, Novembre 2017

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